• Dr Guillaume Couelle - Chirurgien-Dentiste

Congrès 2020 de la SFSD

Mis à jour : févr. 21




Ce premier décembre Olivier Véran lançait le 13ème congrès de la Société Française de Santé Digitale (SFSD). Un congrès sur 4 jours, 100% digital, en réalité virtuelle, pour répondre aux exigences de cette année 2020. Au programme, des interventions de professionnels médicaux, pionniers de la télémédecine et de la révolution digitale, qui partagent leurs expériences sur cette année particulière. Permettant ainsi de lancer les discussions sur les possibilités offertes par les technologies existantes et à venir, ainsi que pour débattre des limites éthiques, et des cadres juridiques actuels.


Vers un baromètre français des téléconsultations ?


Cette année 2020 a mis en lumière un certain nombre de limites au système de santé tel qu’il existe, et s’est appuyé considérablement sur les perspectives offertes par la télémédecine pour essayer de gérer au mieux cette crise sanitaire.

Les études statistiques rétrospectives s’appuyant sur les bases de données françaises et européennes comme THIN GERS, ont mis en évidence une augmentation considérable des téléconsultations pendant les mois suivant l’annonce du confinement national en France. Et cela dans toutes les spécialités médicales. Des études de satisfactions ont également été faites par ODOXA et CAREINSIGHT à la demande de l’Agence du Numérique en Santé (ANS) afin de vérifier l’utilisation et la satisfaction des professionnels de santé ainsi que des patients face a la télémédecine.

Malgré une bonne satisfaction (71% patients et 86% des praticiens), il ressort un certain nombre d’axes d’amélioration.


Quels leviers pour favoriser le déploiement la téléconsultation ?

  • Le meilleur levier pour les patients : que la téléconsultation (TLC) soit proposée par leur médecin qui a toute leur confiance.

  • Pour les médecins : disposer d’un outil fiable et intégré qui permette le télépaiement en ligne et la transmission de l’ordonnance et aussi, avoir réfléchi à l’organisation de leur cabinet pour intégrer cette pratique (quels patients ? quelles circonstances ? quelles plages horaires réservées ? ….).

  • Pour les médecins et les patients : la présence d’un professionnel, notamment d’un infirmier ou d'un pharmacien, auprès du patient pendant l'acte peut être un levier de réassurance.

Malgré un nombre important d’axes d’améliorations et un stade embryonnaire de déploiement de solutions numérique de santé sur le territoire, nous pouvons retenir de cette année, que l’idée d’une médecine numérique de demain semble avoir fait son chemin.


Maintenant que les professionnels semblent convaincus de l’intérêt de réorganiser certains aspects du parcours de soin via ces technologies, quelle est la prochaine étape ?


Au cours de cette édition 2020, nous avons vu chaque spécialité médicale tenter de mettre au point un cahier des charges pour les outils de télémédecine adaptés à leurs spécialités. Ainsi que de commencer à dresser des listes de pathologies/situations cliniques, afin de décider quelles prises en charges pourront être à terme automatisées/ semi automatisées/ ou traditionnelles.

L’Agence du Numérique en Santé et la SFSD mettent au point des baromètres permettant de sélectionner les outils et industriels répondant au mieux au besoin de chaque spécialité, ainsi que de former les professionnels à leur utilisation.


Il ressort également une réelle volonté de modifier profondément le parcours de soin, via des futurs « centres » de télémédecine (en pharmacie/maison médicale/mairie ?). En effet, tous semblent s’accorder sur l’intérêt d’avoir des opérateurs formés à l’utilisation des outils de télémédecine, et aux notions fondamentales de sémiologie si nous voulons espérer maintenir sans compromis la qualité des examens et des soins.


L’arrivé des algorithmes d’IA (Intelligence Artificielle) continue d’améliorer la qualité des « diagnostics machines ». Et continuent d’optimiser les plateformes de traitement de données.


Par ailleurs, le rôle de ces technologies dans le stockage, le partage des données médicales, et la mise en relation entre les différents acteurs du parcours de soin semble prendre de l’avance sur les solutions de télémédecine. Cela sera peut-être le début des ordonnances numériques, et des prises en charge pluridisciplinaires sans multiplication des déplacements. Cette notion de « passeport de santé » au travers de l'Identifiant National de Santé (INS) pourrait permettre également une production importante de données médicales, permettant aux technologies basées sur l’Intelligence Artificielle de continuer à se développer à un rythme toujours plus important. Et poser ainsi les bases pour une médecine de demain, s’appuyant sur la technologie pour soigner mieux, le plus grand nombre.




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